Ces derniers jours, mis à part la fatigue très pesante, tout se déroulait très bien.
Pas d'effet indésirable suite à la greffe, bref nous espérions que les rejets passeraient plus ou moins inaperçus ou seraientt très faibles...
Aujourd'hui, ce n'est plus le même discours.
Depuis ce matin, Romanou, a mal à la mâchoire lorsqu'il baille et la déglutition est, elle aussi, douloureuse, sans compter qu'au fil des heures cette douleur augmente.
Dans un premier temps, le medecin ne pouvait se prononcer en faveur d'une mucite ou d'un problème avec les dents de sagesse.
Puis, en fin d'après midi, on s'orientait d'avantage vers la mucite car les douleurs décrites par Romain ressemblait fortement aux symptôme de cette dernière.
Romanou a l'impression d'avoir une bonne angine avec des douleurs qui augmentent très vite..
Puis, il pourrait, aussi, y avoir un problème cutané.
Mais pour le moment tout est en supposition.. J'espère en savoir plus demain.
Cela fait 2 jours que Romanou, malgré son moral au 36 ième dessous, communique à nouveau et surtout retrouve enfin le sourire, de temps en temps un regard "moqueur"..
Cette attente est très dure pour lui, comme pour toutes personnes enfermées dans cette bulle, car il n'y a rien à faire sauf attendre..
Il a décidé, tous les matins, de demander le nombre de globules blancs.
Il houspille sa moelle osseuse d'être un peu moins faineante et de bosser un peu plus...
Mais pour le moment, les GB ont encore chutés, processus normal, pour mieux remonter ..Mais quand ???
Son hémoglobine est stable à 10,.. C'est un bon chiffre..
Dans le livre que je lisais( pour ACD le titre est : Deux petites filles en bleu ), il y a une phrase qui m'a beaucoup marquée.
Je cite :" L'attente paraît courte une fois qu'elle a pris fin."
Est ce qu'un jour, je pourrais le penser réellement ??
Depuis la maladie de Romanou, j'ai l'impression de vivre hors du temps, les priorités d'avant ne le sont plus et me parraissent tellement "petites".
J'ai acquis, bien malgré moi, un regard nouveau et différent sur la vie, les personnes...
Les mots, les attitudes deviennent, à l'inverse, très importants car, avec la peur, la souffrance et les répercussions des nuits blanches, une sensibilité excessive s'est développée entraînant inévitablement une certaine réserve ainsi qu'un recul et une froideur, tel un bouclier, me protégeant d'une éventuelle "énième" douleur..
Je ne pense pas, après avoir vu et vécu la dureté de cette maladie, en sortir indemne.
Je crois aussi qu'il faut le vivre ou l'avoir vécu, au quotidien, pour comprendre les différentes étapes de ce profond changement..